Sysiphe et moi |
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I Je me rappel encore, c’était un soir d’été Où résonnaient les cors, des âmes intensifiées. Je fumais tranquillement le tabac, lorsque soudain Apparaissant devant moi, et me saluant d’une main Le mythique Sisyphe engagea la discussion, Avec une admirable gymnastique de l’élocution : « _ Je n’en aurais donc jamais terminé avec cette pierre ! » Je lui répondais «_ ne te plains pas, vois nos misères. » « _ Ton roc est je pense plus leste que ma vie, Et même si s’abattait la peste ce ne serait pour moi un souci. » Le Corinthien répliqua de sa voix forte et caverneuse, Confirma mes dires et par-dessus tout mes idées non pieuses : « _ Je te salut camarade ! Buvons à ce monde fou, Il n’est que parade, alors je te le dis, soulons-nous ! » Suivant ces directives, je m’oubliais enfin, Me laissant porter jusqu’au rives du petit matin. II L’esprit troublé par cette riche soirée Mon esprit consentit donc à oublier. Pourtant cette folie me reveint un soir d’automne Je ne puis vous dire qu’en vain, que cela guère ne m’étonne Sisyphe réapparut et se comportai en frère : « _ Dis-moi fiston, où te mène tes galères ? Ton labeur, tes passions se font-ils toujours la guerre ? » « _ A vrai dire mon ami, je ne peux plus tenir ainsi, Je mourrais sous peu si je ne trouve l’ataraxie ! » « _ Prend donc exemple sur le grand Corinthien, Qui accepte sa tâche comme une chienne accepte un chien. » « _ Voila de bien précieux conseil que ceux émanant de vous, Je ne sais si c’est la bouteille, ou le temps qui me rend fou ! » Sous les feuilles tombantes, et sous la triste lune Sisyphe s’en alla sans anxiété aucune.
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